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« La dette cachée n’existe pas ! » : le magistrat Yaya Amadou DIA révise le rapport de la Cour des Comptes

Le rapport choc de la Cour des Comptes sur les finances publiques du Sénégal (2019-2024), qui évaluait en février 2025 le déficit réel à 12,30 % du PIB et pointait plusieurs milliers de milliards de « dette cachée », essuie une contre-expertise. Dans un ouvrage intitulé L’Audit et l’État, paru aux éditions ELMA, le magistrat Yaya Amadou DIA remet en cause la méthodologie de la juridiction financière.

Selon lui, une bonne partie des 4 700 milliards de francs CFA qualifiés de « dette cachée » ne devrait pas être assimilée à une dette directe de l’État : environ 3 000 milliards correspondraient à des engagements conditionnels, garanties souveraines ou substitutions de débiteurs, intégrés au stock de dette sans distinction suffisante. Il pointe aussi les 546,7 milliards de Certificats Nominatifs d’Obligations, selon lui comptabilisés sans tenir compte des créances qu’ils remplaçaient, avec un risque de double comptabilisation.

Sur les écarts de données entre DODP, DDP et TOFE, l’auteur privilégie l’explication de contraintes techniques et administratives plutôt qu’une dissimulation organisée, rappelant que les documents sources étaient accessibles aux auditeurs. Il reproche enfin au rapport de ne pas assez tenir compte du contexte exceptionnel de la période (Covid-19, guerre en Ukraine, crise énergétique).

Sans nier l’existence de dysfonctionnements, Yaya Amadou DIA plaide pour un renforcement des outils de contrôle et un suivi plus régulier des finances publiques, et relance, avec ce livre, le débat sur la lecture des comptes de l’État.

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