Un tanker transportant 39 000 tonnes de carburant a failli sombrer au large de Dakar. L’armateur évoque des “explosions extérieures”, mais aucune preuve ne confirme la thèse d’une attaque. Après vérification, il est impossible que l’Ukraine soit impliquée. Cet incident révèle, pour la première fois, les vulnérabilités d’un Sénégal devenu pays pétrolier et désormais exposé aux enjeux géostratégiques de la mer.
Le pétrolier Mersin, battant pavillon panaméen et exploité par une société turque, a été ramené en urgence près du port de Dakar après une voie d’eau dans la salle des machines. Avec 39 000 tonnes de gazole à bord, il représente un risque majeur de marée noire. Les autorités ont déployé un dispositif exceptionnel pour sécuriser le transbordement du carburant vers un navire plus petit.
L’armateur affirme que le tanker aurait subi “quatre explosions extérieures”. Mais selon mes vérifications deja effectuées auprès d’analystes maritimes internationaux, il est militairement et géographiquement impossible que cet incident soit lié aux frappes ukrainiennes observées en mer Noire.
Aucune capacité ukrainienne n’opère hors de ce théâtre, aucune donnée satellitaire ou maritime ne corrobore cette hypothèse, et aucun État ni la Turquie, ni l’OTAN, ni le Sénégal n’a signalé la moindre trace d’attaque.
Cet incident souligne l’urgence pour le Sénégal désormais pays pétrolier de renforcer la sécurité maritime, d’auditer scrupuleusement les équipages, et d’exiger la transparence totale sur l’origine et les circonstances d’un événement qui expose brutalement les nouvelles responsabilités d’un État pétrolier.
Dans le cadre de mes investigations journalistiques et pour garantir la transparence sur cette affaire, je souhaite obtenir les identités, nationalités et coordonnées professionnelles des 22 membres d’équipage débarqués, afin de poursuivre une enquête approfondie sur les circonstances exactes de cet incident.
Baba Aidara Journaliste d’Investigation






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