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“Fuite de Madiambal DIAGNE” : Quand le ministère de l’Intérieur joue la carte du populisme sécuritaire.

Le communiqué du Ministère de l’Intérieur, publié ce 26 septembre 2025, sur “la fuite de M. Madiambal Diagne”, qui a créé ou organisé volontairement les conditions de sa disparition pour préparer sa défense dit-il. Est-il interdit de préparer sa défense face à une machine judiciaire impitoyable et implacable ?

Le ministère rappelle sans conviction son « attachement au respect des décisions judiciaires » et à la « présomption d’innocence ». Mais ce discours, enrobé de légalisme, masque une réalité troublante : comment un individu placé sous interdiction de sortie du territoire a-t-il pu franchir sans encombre les contrôles de l’Aéroport Blaise Diagne et s’envoler sous les yeux d’un État censé être vigilant ?

DES SANCTIONS POUR CALMER L’OPINION :
La décision précipitée de relever de leurs fonctions les Commissaires de la DIC et du Commissariat spécial de l’AIBD ressemble moins à une mesure de justice qu’à un sacrifice symbolique. On désigne des coupables pour apaiser l’opinion publique, avant même que l’enquête interne n’ait livré ses conclusions.
C’est du théâtre administratif : montrer des têtes tomber pour prouver que « l’État agit »

UNE FERMETÉ DE FAÇADE :
Le communiqué multiplie les mots-clés rassurants : « transparence », « respect des décisions judiciaires », « sanctions appropriées ». Mais ces formules révèlent surtout une volonté de sauver la face. En vérité, c’est la crédibilité même de la chaîne sécuritaire et judiciaire qui est ébranlée. L’affaire ne soulève pas seulement une question de vigilance, mais de responsabilité politique au sommet de l’État.

POPULISME SÉCURITAIRE :
Plutôt que d’assumer cette responsabilité, le ministère choisit la voie du populisme sécuritaire :

  • Faire du bruit médiatique;
  • Brandir des sanctions rapides ;
  • Insister sur le respect du droit. Autant de messages destinés non pas à résoudre le problème, mais à convaincre l’opinion que l’autorité garde le contrôle sans convaincre.

Ce communiqué n’est pas l’expression d’un État de droit serein et ferme. C’est un outil de communication politique, conçu pour transformer une défaillance institutionnelle en démonstration de fermeté. Mais derrière le vernis, “l’évasion” de Madiambalba Diagne reste un camouflet pour l’appareil sécuritaire. La justice et la sécurité ne se gèrent pas avec des slogans, mais avec des actes sérieux.

Aboulaye CISSÈ, membre de la société civile. Vive la République !

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