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Accord FMI-Sénégal : entre vigilance de Sonko et satisfecit d’Aminata Touré

L’annonce d’un accord technique entre le Fonds monétaire international (FMI) et le Sénégal, conclu au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), ne fait pas l’unanimité au sein même de la majorité présidentielle. Deux figures de premier plan, Ousmane Sonko et Aminata Touré, ont livré des lectures radicalement différentes de cet accord, encore soumis à l’approbation du Conseil d’administration du Fonds.

Sonko exige la « transparence absolue »

Dans un texte publié à titre personnel, le président de l’Assemblée nationale, par ailleurs secrétaire général de Pastef, a interpellé le gouvernement sur le contenu réel de l’accord. Pour lui, le langage diplomatique employé de part et d’autre par le FMI et l’exécutif « ne donne aucune information sur le détail de ce projet d’accord, ni sur les engagements du Sénégal ».

Sonko pointe trois zones d’ombre : le traitement de la dette du pays, les réformes annoncées sur la viabilité des finances publiques, la protection des ménages vulnérables et la supervision des entreprises publiques , le sort des audits internationaux de la dette qui avaient été exigés après la découverte d’emprunts mal déclarés par l’administration précédente. Se prévalant d’avoir suivi ces négociations pendant plusieurs mois, il met en garde contre des orientations susceptibles, selon lui, de « reproduire les erreurs du passé » et réclame la publication du mémorandum de politiques économiques et financières — ou, à défaut, sa transmission aux députés. Il rappelle enfin que ces engagements devront être débattus à l’Assemblée nationale lors de l’examen de la loi de finances rectificative ou du projet de loi de finances 2027, attendu en octobre.

Aminata Touré : « il faut d’abord saluer l’accord »

Interrogée sur les ondes de la RFM, l’ancienne Première ministre et Superviseure générale de Kiiraay, Aminata Touré, a pris le contre-pied de cette approche. Pour elle, cet accord, en négociation depuis plus de deux ans, constitue une « bonne bouffée d’air financière » pour l’économie sénégalaise et doit avant tout être salué.

Elle met en avant les retombées attendues pour les secteurs sociaux : bourses familiales, structures de santé, dispositifs en faveur des jeunes et des femmes. Elle y voit également un succès politique pour le président Bassirou Diomaye Faye, son ministre des Finances et son Premier ministre.Répondant implicitement à Sonko, elle a déclaré : « Vous savez, avant de parler de mémorandum, il faut d’abord commencer par saluer l’accord ! », ajoutant qu’il ne faut pas « confondre la politique et les intérêts supérieurs des Sénégalais ». Elle a toutefois fini par rejoindre la demande de publication du mémorandum, jugeant que le document permettrait de mieux éclairer les Sénégalais sur les contours de l’accord.

Un même constat, deux tons opposés

Sur le fond, les deux responsables convergent : l’accord doit être rendu public et débattu. Mais la tonalité diffère nettement. Sonko adopte une posture de vigilance critique face à l’exécutif, insistant sur les zones d’ombre et les risques pour les Sénégalais qui « en supporteront seuls le poids actuel et futur ». Touré, elle, privilégie la mise en avant du bilan gouvernemental et appelle à dépasser les clivages politiques pour se concentrer sur l’intérêt national. Cette divergence de ton intervient dans un contexte particulier : le précédent programme du FMI avec le Sénégal avait été suspendu en septembre 2024 après la découverte d’irrégularités dans la déclaration de la dette publique par l’administration antérieure, une suspension qui avait déclenché un audit des finances publiques dont les conclusions conditionnent encore l’approbation du nouveau programme.

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