Niamey a connu dans la nuit de vendredi à samedi son plus grave épisode de tension interne depuis l’arrivée au pouvoir du général Abdourahamane Tiani en 2023. Des tirs nourris et des explosions ont éclaté vers 1h du matin près de l’aéroport international Diori Hamani et de la base aérienne 101, avant de s’étendre à d’autres secteurs de la capitale, dont les abords du palais présidentiel. Les combats se sont poursuivis plusieurs heures, certains encore signalés après l’aube.
Selon le ministère de la Défense, un groupe de soldats « en rupture avec le règlement militaire » aurait séquestré des camarades au sein de la base 101 avant d’étendre son action à d’autres sites sensibles. Le gouvernement assure avoir progressivement repris le contrôle de la situation. Un diplomate africain a confirmé que la garde présidentielle était restée loyale au général Tiani, et un député du parlement de l’Alliance des États du Sahel a affirmé que la situation était totalement maîtrisée. Le signal de la télévision publique, brièvement coupé, a été rétabli vers 10h locales.
Aucune déclaration d’officiers insurgés n’a été diffusée et aucun organe militaire concurrent n’a revendiqué la destitution de Tiani, ce qui distingue cet épisode d’un coup d’État abouti. Aucun bilan humain officiel n’a été communiqué.
C’est la troisième alerte sécuritaire de l’année à Niamey : les deux précédentes, en janvier et juin, étaient des attaques jihadistes limitées à l’aéroport, revendiquées respectivement par l’État islamique au Sahel et le Jnim. Celle-ci se distingue par son ampleur, sa durée et la controverse sur son origine, mutinerie interne selon les autorités, tentative de coup d’État selon plusieurs observateurs.
La base 101 est un site stratégique : elle héberge le commandement des forces de l’AES ainsi que des contingents russes et, plus récemment, italiens et algériens.






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