Monsieur le Président,
Les Sénégalais vous avons porté avec espoir. Vous étiez, pour beaucoup d’entre nous, en Afrique comme dans la diaspora, le symbole d’un réveil, d’une dignité retrouvée, d’une Afrique debout. Mais les images et les propos qui ont accompagné votre rencontre récente avec Donald Trump ont provoqué chez nous une immense déception, une blessure que nous ne pouvons ni ignorer, ni taire.
Pendant que Trump se permettait de tourner en dérision certains de vos collègues africains, vous (et autres collègues) êtes restés assis, immobiles, dans une posture de soumission glaçante. Ce moment n’était pas diplomatique. Il était symbolique. Et il restera gravé comme une honte.
Vous avez parlé d’opportunités, comme si le destin de notre jeunesse devait se négocier dans les marges de l’Occident. Comme si l’avenir du Sénégal dépendait encore du bon vouloir d’empires qui, depuis des siècles, pillent nos ressources et ignorent nos voix. Comme si la seule perspective pour notre continent était de servir les intérêts des puissants.
Monsieur le Président, nous attendions autre chose de vous. Vous n’étiez pas censé incarner la continuité de la soumission, mais la rupture. Or, en posant comme un figurant effacé à côté d’un homme tel que Trump — connu pour ses prises de position racistes, son soutien actif à l’apartheid et genocide israélien, et son mépris affiché pour les peuples africains — vous avez trahi l’esprit du panafricanisme et les luttes des générations passées.
Trump n’est pas un ami de l’Afrique. Il n’est ni un champion de golf, ni de paix, ni de justice. C’est un homme qui a qualifié nos nations de “pays de sauvages”, qui soutient sans réserve un génocide en Palestine, et qui représente l’arrogance impériale dans toute sa brutalité.
Votre attitude a envoyé un message dangereux : “Nos portes sont ouvertes à l’exploitation, encore.” Ce message est inacceptable.
Nous, membres de la diaspora africaine, intellectuels, travailleurs, artistes, militants, femmes et hommes debout pour la dignité noire, vous demandons des excuses publiques.
Pas pour l’image, mais pour l’Histoire. Le respect de notre peuple, et la mémoire de nos combats, exigent de vous une posture claire, digne, cohérente avec les valeurs que vous disiez incarner.
Car ce qui a été trahi ce jour-là, ce n’est pas seulement une promesse électorale. C’est la foi d’un continent en un homme.
Respectueusement mais fermement,
Paco Diop activiste
Panafricaniste






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