Ce qui se passe aujourd’hui à Yoff est grave. Très grave.
Et les mots ne sont pas de trop.
Ce canal, conçu à l’origine pour évacuer les eaux pluviales et protéger les populations contre les inondations, est devenu le symbole d’une négligence inacceptable. À la place des eaux de pluie, ce sont désormais des eaux usées qui s’y déversent, souillant la mer, détruisant l’écosystème et empoisonnant le quotidien des habitants.
Par cette gestion défaillante, l’Office national de l’assainissement du Sénégal porte une responsabilité lourde : celle de laisser mourir un environnement à un rythme inquiétant.
Mais ce n’est pas seulement une question d’écologie.
C’est toute l’économie de Yoff qui est fragilisée.
La pêche, ressource vitale, est menacée. La faune marine disparaît. Les activités liées à la mer s’effondrent lentement.
Le tourisme aussi est touché : qui viendra encore profiter de cette plage autrefois belle, vivante, aujourd’hui dégradée ?
C’est également une urgence sanitaire.
Les populations sont exposées à des risques graves : maladies, infections, insalubrité. Ce n’est plus une simple alerte, c’est une menace pour la santé publique.
Et au-delà de tout cela, c’est une identité que l’on piétine.
Yoff, ce n’est pas qu’un quartier. C’est une terre de culture lébou, un peuple de l’eau. C’est aussi un haut lieu spirituel, marqué par l’héritage de Seydina Limamoulaye.
Laisser cette situation perdurer, c’est porter atteinte à une croyance, à une histoire, à une dignité.
Oui, il faut le dire clairement :
Aujourd’hui, l’ONAS est en train de tuer Yoff.
Tuer son environnement.
Tuer son économie.
Tuer sa santé.
Tuer son identité.
Face à cela, le silence n’est plus acceptable.
J’interpelle solennellement les autorités compétentes :
agissez, et agissez maintenant.
Cordialement l’entrepreneur Ibrahima Sylla résidant Yoffois






Add comment