En septembre 2024, l’annonce de l’existence d’une « dette cachée » a bouleversé le Sénégal. Plus qu’un chiffre budgétaire, cette révélation a ouvert une crise de confiance dont les effets se font encore sentir. Car en économie comme en politique, une parole peut coûter plus cher qu’une dette financière.
Un choc externe : la confiance internationale ébranlée
La révélation a immédiatement provoqué une réaction en chaîne :
- Le FMI a suspendu son programme d’aide.
- Les bailleurs ont exprimé leurs doutes.
- Les investisseurs aurient revu leurs engagements.
Au-delà des montants, c’est l’image d’un pays stable et rigoureux qui s’est fissurée, laissant place à la suspicion.
Un choc interne : tensions politiques et sociales
Sur le plan national, l’annonce a nourri un débat partisan, souvent au détriment des solutions concrètes. Les populations, déjà confrontées aux difficultés quotidiennes, ont vu s’ajouter la crainte d’une austérité future et d’une inflation importée. La dette cachée est ainsi devenue une dette sociale, pesant sur les foyers.
La parole publique comme capital stratégique
Cette séquence rappelle une vérité simple : une annonce peut coûter plus cher que la dette elle-même. Elle crée une dette de confiance, invisible mais lourde, qui fragilise l’État et ses citoyens.
La sortie de « recentrage » du Ministre de l’Économie a eu le mérite du réalisme, mais elle est intervenue sans doute tardivement. La leçon est claire : toute communication publique doit être pensée dans son cycle de vie complet – analyse des risques et opportunités, préparation, diffusion, suivi et correction-.
Tirer les leçons de septembre 2024
De manière structurelle, le Sénégal doit institutionnaliser un cadre de communication économique. Car en finances comme en politique :
- Une parole mal calibrée peut devenir un fardeau durable.
- Une dette affichée peut être restructurée ou rattrapée, mais une dette de confiance est bien plus difficile à éponger.
Mamadou Thiam
Consultant, expert en image, stratégie et performance
Ceo Primus
mamad.thiam@primusinterpares.sn mamadouthiam@hotmail.com






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