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DPG : Al Aminou Lô face à une Assemblée sous tension, entre aveux et incidents de séance

DPG : Al Aminou Lô face à une Assemblée sous tension, entre aveux et incidents en séance

Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a prononcé, ce mardi 8 septembre 2026, sa première Déclaration de politique générale (DPG) devant l’Assemblée nationale. Reportée d’une semaine pour vice de procédure, la séance s’est tenue dans un climat tendu, sur fond de vie chère, de coupures d’électricité et de menace de motion de censure, finalement écartée. D’entrée, le chef du gouvernement a adopté un ton solennel, rejetant les clivages extrêmes et les violences verbales. Il a longuement évoqué les difficultés des Sénégalais les plus modestes, rappelant qu’environ 8 millions de personnes, soit 40 % de la population, vivent dans la vulnérabilité ou la pauvreté.

Ahmadou Al Aminou Lô a réaffirmé l’ancrage de son action dans le référentiel « Sénégal 2050 », avec une méthode fondée sur la rigueur, le pragmatisme et la redevabilité, un cap inchangé, a-t-il dit en substance, même si l’allure et la discipline de marche évoluent.

Il a néanmoins dressé un constat sévère : dégradation des finances publiques qu’il a résumée par une chute du « quatrième » au « cinquième sous-sol », près de 1 900 milliards de francs CFA d’arriérés de paiements, titres publics vendus à moitié de leur valeur, et aveu répété qu’il n’y a « pas d’argent » dans les caisses. Il a aussi annoncé 384 projets déjà ficelés mais toujours en attente de financement.

Décrivant une économie petite et ouverte, exposée aux chocs externes, il a appelé à réformer le cadre macroéconomique pour restaurer la crédibilité de l’État, s’est positionné en faveur de l’Eco dans le calendrier de la CEDEAO, et a situé son action dans les discussions en cours avec le FMI pour un accord de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. Sur les hydrocarbures, il a plaidé pour une souveraineté à construire progressivement, au bénéfice des générations actuelles et futures.

Le Premier ministre a écarté toute restructuration de la dette et mis en garde contre les licenciements abusifs. Il a cité le prix du pain comme enjeu de pouvoir d’achat et présenté la stabilité sociale comme préalable à toute construction nationale. Il a par ailleurs condamné les discours xénophobes, contraires selon lui à l’histoire d’un Sénégal bâti sur le métissage sous-régional, tout en appelant les étrangers résidant dans le pays à respecter les règles de séjour.

Plusieurs voix au sein de Pastef, 30 députés sur 165, avaient évoqué avant la séance l’hypothèse d’une motion de censure, perçue par certains militants comme un acte de souveraineté face à la vie chère. Le scénario comportait un risque pour la majorité elle-même : en cas de chute du gouvernement, le président aurait pu reconduire aussitôt Al Aminou Lô, voire dissoudre l’Assemblée. Au terme de la séance, la menace est retombée, le Premier ministre ayant opté pour un discours de vérité sur un Sénégal de fait sous ajustement structurel. La séance a néanmoins été émaillée d’incidents : passe d’armes entre la ministre Mame Coumba Diop et le député Cheikh Bara Ndiaye, chahuts venus de la majorité, de l’opposition et des non-inscrits face auxquels le Premier ministre est resté imperturbable, et annonce par le député Guy Marius Sagna d’une proposition de mise en accusation visant l’ancien président Macky Sall.

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