À travers une question écrite relative au prix du carburant à la pompe, le député Thierno Alassane Sall exige du ministre des énergies, du pétrole et les mines, plusieurs réponses aux questions suivantes : Quels sont les éléments de politique interne qui justifient l’écart de prix conséquent observé avec les pays voisins de la sous-région ? Quelles mesures le gouvernement envisage-t-il pour alléger le coût du carburant pour les consommateurs, tout en assurant la viabilité du secteur ? Existe-t-il t-il un mécanisme de révision automatique ou périodique des prix à la pompe en fonction des fluctuations des cours internationaux du pétrole ? Si oui, quels sont ses critères de fonctionnement et sa fréquence d’application ?
Autant de questions qui tracassent le parlementaire.
En effet, Thierno Alassane Sall évoque deux facteurs qui devraient logiquement entraîner une diminution du coût des produits pétroliers importés selon lui. Il s’agit de la baisse du prix du baril et la dépréciation du dollar. Le député soutient qu’Entre le 10 juin 2024 et le 9 juin 2025, Le cours du Brent1 a enregistré une baisse de 18,09%, passant de 81,96 USD à 67,13 USD. Parallèlement, le taux de change2 du dollar a reculé de 5,43%, passant de 607,396 XOF pour 1 USD à 574,435 XOF sur la même période. Cette tendance, dit-il, s’est effectivement traduite dans quelques pays de la sous-région, par une baisse des prix des carburants à la pompe. Or, au Sénégal, selon toujours TAS, les prix à la pompe demeurent échangés et restent les plus élevés de la sous-région, “en dépit de notre statut de pays exportateur d’hydrocarbures”.
”Fait encore plus surprenant, les prix pratiqués au Sénégal dépassent ceux du Mali, un pays enclavé dont les produits pétroliers transitent, en totalité ou en partie, par le port de Dakar, avant d’être acheminés par une importante flotte de camions. Ce mode d’approvisionnement devrait, toutes choses étant égales par ailleurs, induire des coûts nettement plus élevés au Mali qu’au Sénégal.Par ailleurs, le prix de l’essence au Sénégal est supérieur de plus de 45 % à celui pratiqué au Niger, un autre pays enclavé disposant, comme le Sénégal, de ressources en hydrocarbures. Cette situation est d’autant plus notable que le Niger, tout comme le Mali et le Burkina Faso, fait face à une instabilité politique marquée, qui pourrait théoriquement justifier des coûts plus élevés, notamment en matière de logistique, de sécurité et de gouvernance”, soutient le député.
”Le maintien de ces prix élevés constitue, de fait, un prélèvement indirect sur les ménages et les entreprises sénégalais avec un impact négatif sur la compétitivité économique, notamment à travers l’augmentation du coût des transports et de l’énergie, un facteur clé de production dans tous les secteurs du tissu productif (transporteurs, boulangers, maraîchers, agriculteurs, pêcheurs, etc.) À titre illustratif, les transporteurs sénégalais, confrontés à la concurrence sous-régionale, voient leur part de marché se réduire significativement, en raison de ce différentiel de prix défavorable”, défend l’honorable député Thierno Alassane Sall dans le texte adressé au ministre des énergies, du pétrole et des mines.
Mamadou Demba Dieng






Add comment